mardi 11 janvier 2011

Comment je ne suis pas le grand rabbin

Petit post du soir, bonsoir.

Rapidement, soulevons un sujet moral et éthique (ce qui ne va pas toujours de soi, rappelons-le), qui turlupine bien des gonzesses qui ont justement le sens de la morale et de l'éthique aussi léger que leurs blanches cuisses : l'espionnage technologique de nos amants. Je veux dire poussé, pensez pas que je parle d'une obsession pour son profil Facebook. Mater 50 fois par jour le profil facebook de quelqu'un, tout comme traquer les commentaires et allers et venues des amis plus ou moins proches, c'est franchement un truc de l'année dernière. Et encore. Non, quand je dis "espionnage technologique", je parle de mater les mails, tout simplement.

Que ça se sache : c'est mal. C'est une violation de l'intimité de quelqu'un, de sa confiance, en plus on risque de tomber sur des fautes d'orthographes insoupçonnées, ou encore la présence d'une autre fille dans le paysage virtuel qui paraissait pourtant, à première vue - superficielle, hors inbox - désert.

Moi, par exemple, je ne supporterai pas qu'on me le fasse. Pourtant, je n'ai rien à cacher. Je jure. Ou sinon, j'efface. Il est absolument hors de question de répéter des mauvais habitudes culturelles de catho et de s'auto-flageller avec des mails compromettant dans sa propre boîte. Faut être un peu con.

Bon, alors voilà, hier j'ai maté dans la boîte Facebook de mon mec, mais franchement sans faire la fouine, franchement hyper vite-fait, juste comme ça, pour voir, comme un check santé "c'est bon, y'a que des messages de moi, des spams, ou des mecs", et là BIM, je suis tombée sur un cancer. Si on continue la métaphore. Moins poétiquement, et pourtant le message était bien plus poétique que mon acte d'espionnage-viol, je suis tombée sur une meuf précise qui n'a pas grand place dans mon cœur, puisque c'est une fille auparavant charnellement pénétrée par chéri qui envoie un message nostalgique du genre "Te souviens-tu du temps où tu me pénétrais ? Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, et viens on se capte cet été, ça pourrait le faire, encore. xoxo, love."




Ni une ni deux, j'ai direct fait la gueule. Chaud. Comment m'expliquer ? Impossible. J'avais commis l'interdit pire que la sodomie, devenue monnaie courante. Je devais fermer ma gueule. Et pourtant, c'est parfaitement hypocrite, et je vais vous dire pourquoi après l'histoire du Grand Rabbin raconté par M. qui n'a pas démêlé mon affaire, certes, mais d'un coup je me suis sentie... Divine :

Un grand rabbin décide de se faire une partie de golf le saint jour du shabbat, un samedi. Tranquille, il fait beau, il joue au golf, et voici que D.ieu, qui voit tout, hallucine et fait "hin hin mon vieux, tu fais pas sabbat ? Eh bien voilà pour ta gueule." Et D.ieu fait un miracle : il fait rentrer en un coup un seul la balle de golf du rabbin dans les 18 trous du terrain. Le rabbin hallucine à son tour : c'est un miracle ! "Ouais, lui fait D.Ieu, mais tu pourras le raconter à personne."

Je me sentais en bref pareil, en un peu plus misérable, ou moins, ça dépend du possible repentir du rabbin, bref, je bouffais ma langue car je savais que je n'avais rien à dire. Ce mail ne me regardait pas. Et pourtant... Parlons de l'hypocrisie de la chose.

Lors d'une autre conversation, d'une commune voix, des amis m'ont confirmé qu'il était impossible de ne pas divulguer son code d'Iphone à sa moitié : celle-ci douterait immédiatement des intentions de son âme sœur, et n'aurais pas confiance. Seule solution : donner le code. Mais pourquoi diable existe-t-il ? Simplement pour les voleurs ? Je dis c'est triste.

Autrement, me faites pas croire que mater un mail, sur le Mac de la maison qu'on partage en commun, c'est aussi vicelard que de faire les poches ou que de checker les comptes en banques. Faux. Mater les mails, ou les sms d'Iphone, n'a rien à voir avec les actes de fouines qui fouillent, parce que justement, ce sont des actes : il faut fouiller, se lever, chercher, penser... Bref. Du gros vice dans l'éthique. Tandis que tout ce qui est en rapport avec Apple, ce n'est pas aussi moche. Oh que non : l'ordinateur est notre ami. Nous y passons le plus clair de notre temps, c'est comme une greffe développée de nous-même : on se sent moins ménagère immonde qui fait les poches.

Même quand on navigue sur l'historique. Oui madame. (Or, nous savons tous que naviguer sur l'historique est mille fois plus dangereux que tout : pourquoi découvrir que son homme a une passion pour les pornos animaliers ? L'historique, c'est JAMAIS.) Enfin, nous sommes simplement des victimes technologiques : c'est tellement fait pour nous faciliter l'accès à des informations qu'on finit par accéder à tous genres d'infos simplement par un clic, ou avec l'Iphone, par une mini pression de doigt.

Hyper dangereux.

C'est donc la faute à Apple : la preuve, c'est que mon mec a un Blackberry, et que je mate jamais ses sms : je galère trop, je comprend pas. Impossible à checker quand il est sous la douche, il me faudrait pour cela au moins un bon bain, or je manque cruellement et de pratique, et de baignoire.

Mon acte de surfing dans une boite mail étrangère est donc moralement blâmable, certes, mais éthiquement dans son temps : j'ai donc été une jeune fille moderne.

NB. En ce qui concerne les mégères qui font les poches, M. ajoute à ce propos : "Mais lorsque l'on fait une machine, il faut bien vider les poches afin de s'assurer avec certitude qu'elles ne contiennent rien qui puisse endommager le linge !" C'est sûr. C'est moins mesquin, d'un coup.

PS. Si le titre du post est "Comment je ne suis pas le grand rabbin", c'est donc qu'ignorant les règles su shabbat tout comme celle d'une vie commune harmonieuse, j'ai fini par cracher le morceau. Ce qui n'a servi à rien, rien fait avancé, rien soulagé. Bref.

Je sais plus s'il faut que je change de mec, ou de mauvaise habitude. D.ieu, fais-nous encore quelques miracles, je jure de les dire à personne.

PS2. En exclusivité : ce post datant de lundi soir, j'ai l'honneur de croire que D.ieu m'entend direct : mon mec m'a quitté hier. Bingo ? Pas vraiment. Mais en tous cas, faut relire en mettant "ex" à la place de "mec". Tristesse.



mercredi 22 décembre 2010

La preuve irréfutable de l'existence de D.ieu


Quand ça fait plus de deux mois qu'on n'a pas écrit, n'importe quel début peut sembler pompeux. Alors allons-y en grandes pompes.

La vie, elle se fout bien de ma gueule. M'est arrivé ce que Earl, ou mon père dirait un "putain de retour karmique." Quand ça vous arrive, je vous assure, ça fait mal au dent, au cul, mais quoi qu'il arrive il faut bien sourire, sinon on sort perdant.

Reprenons.

Fin juillet, Ex me plante après des vacances idylliques au Portugal. Ne me reste que ma mycose pour me tenir compagnie et mon mille euros de découvert. C'est là que Sauveur m'envoie des billets pour Bordeaux et avec lui je m'envoie en l'air entre les vignes, sirotant des grands crus, squattant gaiement au mariage de Serge et Isa.

Mon deuil tragique d'Ex aura duré deux semaines, durant lesquelles j'ai bien remis en question mon degré d'engagement, moi qui deux semaines auparavant pensais emménagement et enfant avec lui, me voilà donnant mes clefs à Sauveur dès la rentrée.

Je faisais ma maligne, comme je m'en remets vite de ce salaud d'Ex, mais ça, c'était avant qu'il revienne. Oui, encore.

Donc il est revenu, je peux pas mentir en disant que j'ai pas hésité... A mort j'ai hésité. Ca a été une lutte acharnée entre le passé velours et l'ardent présent, les souvenirs glorieux et l'avenir reluisant. Le pire, c'est qu'Ex et Sauveur, c'est le jour et la nuit, autant l'un est pâle que l'autre est olivâtre, l'un circoncis et l'autre pas, l'un Juif et l'autre Musulman. Je rigole pas : si la communauté internationale, ou TF1, aurait été au courant, on aurait fait scandale mazette. Mais non. Au lieu de ça j'ai serré les dents pour pas céder aux avances et garder suffisamment la tête froide pour savoir avec qui moi je voulais être, au juste.

La vérité, c'est que j'ai finalement opté pour la troisième solution choc : moi-même. Oui, je voulais surtout être avec moi-même. Mais Sauveur s'en foutait, alors il est resté, et moi, de la chaleur humaine et des belles dents, je dis pas non.


Donc on en arrive à il y a deux semaines : je suis enfin droite dans mes bottes depuis plus de deux jours, je veux Sauveur, et tant qu'on y est, pourquoi on déménagerait pas ensemble, puisque tu squattes mon 20m2 depuis septembre Sauveur, et que l'un sur l'autre on n'en peut plus. Bethsabée est donc au bureau tandis que Sauveur fait des visites. Oui, il bosse en freelance.

Parfois, Bethsabée va prendre un verre avec Ex qui lui dit "viens vivre avec moi, on sera heureux", et on oubliera bien vite le fait que j'ai voulu vivre pendant douze mois avec toi l'Ex mais qu'au lieu de ça t'as méchamment résisté puis tu m'as quitté comme on retire une chaussette humide après un jour de pluie.

Moi qui avais tellement voulu vivre avec Ex, le fait que lui veuille maintenant était très amer. Sauveur le comprenait, même qu'il me disait souvent "putain, ça doit être hyper frustrant pour toi." (Sauveur est très fort et très compréhensible, à la longue.) Je disais oui. "Frustrant", je crois qu'on tient le bon mot.
Désormais c'était Ex qui était prêt et qui voulait. Trop tard. Dommage quoi.





Donc il y a deux semaines, métro Oberkampf, Sauveur et moi nous visitons un appartement. Sauveur dit : "Je suis content que tu sois là, c'est le premier appart' qu'on visite ensemble." On verse pas une larme, parce que l'appart' en question est moche, mais presque. On visite, on la joue cool, on va bientôt partir quand...

...


...


...

Sauveur dit : "Y'a Ex qu'est là !" et je regarde dans l'embrasure de la porte, et effectivement, y'a Ex qu'est là.



Je récapitule (même dans un film hollywoodien de merde, cette scène n'est pas crédible) : en visitant un appart' avec mon nouveau copain, je tombe sur mon ex qui visite le même appart'. La blague. Imaginons le trio : je regarde Sauveur serrer la main à Ex (quels hommes !), Ex voulant à tout prix éviter de me regarder, ou de me faire la bise, moi insistant, et dans la foulée y'a ma pote L. qui accompagne Ex pour faire genre c'est un couple parce que ça passe mieux avec les proprios (la question que tout le monde se pose est : font-ils vraiment genre ?) (je dis oui) et je lui fais "hey, salut meuf", et pendant toute cette action j'ai eu le temps de voir Ex rougir et Sauveur pâlir. Plutôt marrant quand même.

Enfin, c'est ce que je me disais sur le coup.

Après, j'ai laissé mon esprit divaguer sur l'ironie de la vie.

Une phrase de moins il y a six mois aurait fait que ç'aurait été Ex avec qui j'aurais visité cet appart' pourri à Oberkampf. Un jour de plus pour laisser sa colère se calmer, trente minutes de patience de ma part pour le laisser cuver, un geste - sa main qui me retient quand je pars, ou quand je le baffe - une somme d'infinités et de possibilités et l'équation n'aurait plus été la même.



Et encore.

C'est là la vraie question. Tout baignait avec Ex. Enfin non, ça baignait pas, mais je l'aurais pas quitté, parce que je l'aimais. Vraiment ? C'est ce que je me disais. Je voulais pas que ça se finisse ; et pourtant, j'ai pas pu y retourner. Y'avait déjà un troisième pôle à l'équation de nous deux : Sauveur. Un geste aurait-il suffi ? La rupture tue en bouche, et j'aurais salué Sauveur comme un simple ami au bras de mon mec lors d'une visite d'appart' où l'on se croise tous par hasard ?

Bullshit.

Il y a six mois, c'était Ex qui rompait pour de vrai, et sans ça ç'aurait été un cheveux blond sur sa veste, un SMS foireux ou son dédain qui me harcèle qui aurait tout fait planter. Effet papillon : on est donc tous susceptibles un jour de se retrouver à visiter un appartement, coincée entre son ex et son mec. Qu'on se le dise sous le manteau.

Enfin, c'est pas le pire.
Bien que je m'en remettais pas, de cette scènette lubitschienne, j'en ai un peu profité.
Sur la route, on a rejoins Giugiu, mon ami journaliste qui croit vraiment que l'objectivité journalistique, c'est possible. Giugiu est si terre-à-terre, si athée et si peu spirituel, qu'avec lui je ne peux que vouloir désespérément croire en D.ieu, moi la non-croyante. Donc, j'essayais de le convertir :

"Putain Giugiu, me dis pas qu'après ça D.ieu Il n'existe pas."

Giugiu, c'est un journaliste, il est imperturbable : "Non, c'est lé même ami en commun qui vous a mis sur lé coup, donc c'est pas si dingue qué ça qué vous vous retrouviez à la visite." (Giugiu est Italien, pour ceux qu'ont pas compris.)

Quel esprit imperturbable celui-là. Moi, j'étais prête à aller faire Kippour et troquer Noël contre Rosh Hashana...

Or, contre la logique de Giugiu, il y eut encore une intervention divine.

Une demie-heure était passée, on était sur le quai de la Gare d'Austerlitz, et je faisais des blagues vaseuses à mort sur notre fier trio, quand Sauveur à redit :

"Tiens, y'a encore Ex."

Dammit.

J'vous jure, il était encore là, toujours avec ma pote L. Cette fois, personne n'a changé de couleur, on s'est marré, parce que bon, hein, faut pas déconner la vie, tu veux qu'on se détende du slip, et ben d'accord, on va tous de ce pas se toucher les nichons et se rouler des pelles. Chose qu'on a presque faite : on a donc pris le métro ensemble, sachant qu'en plus on était au terminus, et que par conséquent, à part nous, le quai était vide.

Par miracle encore, ils se sont retrouvés seuls, l'un face à l'autre. J'ai même pris une photo...



C'était marrant.

C'est là que j'ai presque réussi à faire admettre à Giugiu que D.ieu, non seulement il existe, mais que vraiment, c'est sûr, il est Juif, avec l'humour qu'il a.



mardi 19 octobre 2010

Entre chien et loup


Il arrive parfois d'étranges choses qui ne s'expliquent pas.

Moi,
par exemple (c'est étonnant), je vous ai pas dit mais dernièrement j'ai vécu en même temps une rupture et un début d'histoire. En même temps, en vrai. C'est dingue.

Déjà, ça va à l'encontre de toute logique et de tout bon sens. J'avais décidé de ne plus rien faire jusqu'en 2012 et bam!, je découvre le sexe d'après-midi.
J'avais décidé de ne pas me remettre direct en couple, histoire de me connaître, me rencontrer, faire toutes ces choses folles qu'on fait lorsqu'on est célibataire et que j'ai quasiment jamais faites, ou si peu, et bim!, y'a des détails qui trompent pas, y'a un mec qu'habite chez moi.





No comment un peu.

Alors tout ça, l'euphorie, la découverte de l'autre, les bons délires, la vie, l'amour, les piles à bloc dans le coeur, les nouveaux petits plats, les rires, les bêtises, s'est trouvé mêlé malgré moi et inévitablement à l'absence, le silence, la nostalgie, les regrets, les amertumes, la tristesse et le vide.

Du plein, du vide.

Un début, une fin.

En même temps.

Au début, c'était constamment présent, les sentiments étaient complètement imbriqués, autant dire que c'était bien le bordel dans la tête/le corps/le cœur, et puis ensuite c'est venu par vagues. Marine et marées basses sentimentales, du rire aux larmes, être béate de joie et danser en culotte comme dans une pub Motorola pour ensuite pleurer d'un rien en regardant par la fenêtre comme dans un téléfilm de dimanche sur TF1.




On fait comme on peut, hein.

J'assume les clichés du truc, de la micro-tragédie de pouffe, c'est trop difficile l'amour tu comprends, et puis la tristesse aussi, ah la tristesse, mais vraiment il y a quelque chose de profondément marginal et dérangeant dans ce marasme émotionnel : s'autoriser à vivre ces moments-là en simultanéité, - et même après par vague, s'autoriser le paradoxe constant du cœur. Pour de vrai, pas comme on dit à sa copine qui vient de se faire plaquer alors que deux jours avant le mec lui a parlé d'habiter ensemble (c'est courant, ce n'est pas arrivé qu'à moi) que le cœur est changeant et insondable, il faut avoir les ovaires solides pour ressentir des choses qu'on ne lit pas dans les magazines, et qu'on voit pas trop autour et qui en général n'est pas très conseillé pour la santé. Mentale, tout du moins. Ce n'est pas ma chair qui criera famine.




Cette constante tension pourrait se voir comme quelque chose de romanesque et romantique. Sauf qu'en vrai, c'est vivre avec dans les tripes une impression de toujours être ailleurs. Les jambes tout droit, et les yeux derrière. Ou les yeux devant, la main qui à l'opposé se tend. Compliquée, cette dislocation complète de ce qu'on croyait, de nos valeurs. Puis croire à un avenir prometteur alors qu'on enterre un énième cadavre dans son placard.


Une fois, on a essayé de me trouver une signification au fait qu'il faut toujours que les portes de mon placard soient fermées. Désormais, Freud à part, je sais ce qu'elles cachent. Du H&M et des anciennes histoires.

C'est là aussi l'ironie et la bêtise des choses de la vie : il y a toujours l'ombre d'un ex quelque part. Enfin, pour moi.



On est maqué et l'ex prend un grand E, comme ça, c'est l'Ex, qui téléphone, l'Ex avec qui l'on dîne encore, l'Ex qui ne l'oublie pas, l'Ex qu'on trouve paumée à être encore dans les parages de sa vie... Quand on est fâchée, on lui met même un x majuscule : "ton EX". C'est qu'alors on n'est pas conscient qu'un jour ça risque d'être nous la fameuse, et cette blonde frangée disparaîtra de l'équation aussi sec. Comme si elle n'avait jamais existé, finalement.
C'est bizarre quand même, c'est comme s'il fallait toujours qu'il y ait l'ombre d'un ex. Un équilibre bancal à la Duras, où pour que ça tienne faut sans cesse être trois. Toi+Moi+ attention derrière toi.




Et quand j'y pense, cet ex qui rôdait et qui revenait de temps à autre dans nos conversations honteuses, il a totalement disparu à partir du moment où l'histoire s'est terminée (me suis faite plaquée) et que j'ai rencontré quelqu'un d'autre (me suis maquée). J'ai à la place un nouvel ex pour obscurcir le tableau, je dirais pas tout nouveau tout beau c'est indécent, mais quand même il est tout frais, encore chaud même. La couille dans le potage, la menace dans l'équation.
Ceux et celles qui n'ont jamais connu ce problème d'Ex, je dis pas, chapeau bas, sauf que moi je sais pas comment on fait pour changer si vite d'état d'esprit et de délire et comment on fait pour pas avoir envie tout le temps d'envoyer un MMS avec une photo foireuse d'un bouquin dont on avait parlé, de ces chaussures moches que t'as failli acheté que porte une dame dans le métro, cette chanson, etc, etc.

Ah, je comprend mieux : c'est pour éviter et contrôler ces envies-là qu'en général on prend du temps entre deux histoires.
Pour ne pas ressentir si violemment, par la force de la présence de l'autre qui offre prématurément un point de comparaison, cette impression vivante d'avoir perdu un ami.




Pas con, de prendre le temps.

Rencontrer un nouveau, perdre un autre, c'est un peu la caricature de mes pires moments de la primaire ou du collège en terme d'amitiés. Je doute de la maturité de mon affaire.

Mais alors quoi ? Fermer la porte ? S'empêcher de vivre ? Dire non merci au petits-déj au lit, à l'amour-toujours, aux mises au point, à la fraîcheur de vivre (hollywood chewing-gum) ?

Comme me dit mon cousin en guise de crédo philosophico-sociétal :

"Esto no es Hollywood."


EL GUINCHO | Bombay from MGdM | Marc Gómez del Moral on Vimeo.