mardi 12 mai 2009

Le silence est d'or..

Quoi?
Vous croyez que j'ai plus rien à dire?
En vrai, en ce moment, j'ai pas grand-chose à dire.
J'ai des idées qui fermentent...

*Sur le point de non-retour dans les relations
*Sur les sentiments qui ne veulent plus rien dire quand ils sont dits
*Sur mon master
*Sur Luis Alberto Spinetta
*Sur Shanghai
*Sur comment elle est belle la vie et les oiseaux chantent

...

Je vous promets de problématiser tout cela intelligemment. Oui, c'est possible.
Et, en attendant:



xoxo

lundi 4 mai 2009

Ma tendre honte #1

Mes chers compatriotes, bonsoir.
J'ai décidé, après une rapide mais non moins mûre réflexion, de faire quelques post très honteux sur une petite passion que j'ai: la musique argentine. Non, je ne parle pas de salsa. Voilà, je pense que je vais vous diviser, ou vous passionner, au choix; cependant, on m'a tellement bassiné en me disant à quel point mon écriture était trop personnelle sur ce blog, et à quel point je me mettais à nu, que j'ai eu envie de vous montrer que j'étais pas encore tout à fait à poil.
Loin de là.
En vrai, ce que je suis dans le fond, c'est même pire.
Ce n'est pas simplement par provocation, ni par mauvais goût, mais par véritable passion pour cette mauvaise musique, parfois issue des années 80 (j'aime les chansons 80 de tous les pays du monde) et parfois trop prisonnière des années 80. Comprennez ma démarche: c'est comme si un Argentin, fou de Brassens, essayait de communiquer son amour de ses chansons, et de son phrasé. Heureusement pour vous, les Argentins ne sont pas aussi répétitifs que la guitare de Brassens. Exception faite pour le synthétiseur: il y en a à toute les sauces, ou presque. Habituons-nous.

Alors voilà, je me propose de vous faire de petites présentations de certains artistes, qui à défaut de vous plaire, vous permettront de:

*Vous foutre de ma gueule à la croisée des chemins
**Vous donnez une culture ultra marginale
***Vous faire bien marrer
****Vous apprendre un peu l'espagnol.

Car en ces moments d'agitations et de grèves chez les enseignants-chercheurs et les pauvres étudiants (dont je fais partie), quoi de plus solidaire que de traduire quelques chansonnettes, pour faire partager le Savoir? Et à l'heure du miracle obamien, légende porteuse de tolérance et d'espoir, quoi de plus engagé que quelques beaux couplets traduits, pour abolir nos frontières et délier nos langues?

Démonstration.

Je vous présente donc, Mesdames et Messieurs, pour vous ce soir, Silvio Rodriguez.

Le hic,  c'est qu'il n'est pas Argentin, mais Cubain. 
Je me fous déjà de votre gueule. 
Non, en vrai, il est très très apprécié des Argentins (comme nous: on pardonne bien à Brel d'être Belge). Ainsi soit-il alors, Silvio, welcome, tu entres en preum's dans la sélection. Je précise que ce n'est pas par ordre de préférence, il fallait bien commencer par quelqu'un. Bon. Ne le jugez pas trop mal; désolée les filles, il est grave moche. Surtout ses chicots. Désolée les garçons, c'est très cul-cul et sentimental. N'empêche, je trouve que c'est beau. J'assume. 

J'ai choisi pour vous une belle chanson, qui s'appelle justement "Te doy una cancion" (écrite en 1970: j'ai parlé trop vite dans mon blabla sur les années 80. Mais j'y viendrais, promis.), qui se traduit en français par: je te donne une chanson. Si c'est pas du métalangage, ça.




Alors: la honte?
Je ne sais pas si c'est pour me rassurer, ou vous accabler, mais c'est un peu le Dylan de l'Amérique Latine. Si si.


"Cómo gasto papeles recordándote,
cómo me haces hablar en el silencio,
cómo no te me quitas de las ganas
aunque nadie me vea nunca contigo.

Y cómo pasa el tiempo
que de pronto son años
sin pasar tú por mí
detenida.

Te doy una canción
si abro una puerta
y de las sombras sales tú.
Te doy una canción
de madrugada
cuando más quiero tu luz.

Te doy una canción
cuando apareces
el misterio del amor
y, si no lo apareces,
no me importa:
yo te doy una canción.

Si miro un poco afuera me detengo,
la ciudad se derrumba y yo cantando,
la gente que me odia y que me quiere
no me va a perdonar que me distraiga.

Creen que lo digo todo,
que me juego la vida
porque no te conocen
ni te sienten.

Te doy una canción
y hago un discurso
sobre mi derecho a hablar.
Te doy una canción
con mis dos manos,
con las mismas de matar.

Te doy una canción
y digo: Patria.
Y sigo hablando para ti.
Te doy una canción
como un disparo,
como un libro,
una palabra,
una guerrilla...
como doy el amor."


Comme je gaspille des papiers à ton souvenir
Comme tu me fais parler dans le silence
Comme tu ne me lasses pas de toi
Bien que personne ne me voit avec toi.

Et comme passe le temps, 
Qui d'un coup sont des ans
Sans que tu passes par moi,
Détenue.

Je te donne une chanson
Si j'ouvre une porte
et des ombres tu surgis.
Je te donne une chanson 
D'aube
Quand je désire tant ta lumière.

Je te donne une chanson
Quand tu apparais,
Mystère de l'amour.
Et si tu n'apparais pas, 
Je m'en fous,
Je te donne une chanson.

Si je regarde dehors je m'arrête
La ville s'effondre et moi chantant,
Les gens qui me haïssent et qui m'aiment
Ne me pardonneront pas que je me distrais.

Ils pensent que je dis tout, 
Et que je me joue de la vie,
Parce qu'ils ne te connaissent pas
Et ne te respirent pas.

Je te donne une chanson 
Et je fais un discours
Sur mon droit de dire.
Je te donne une chanson, 
De mes deux mains,
Les mêmes qui tuent.

Je te donne une chanson
Et je dis: Patrie.
Et je parle encore pour toi.
Je te donne une chanson,
Comme un tir,
Comme un livre, 
Une parole,
Une guerilla...
Comme je te donne l'amour.

Pour vous redonner le goût de vivre, après cet interlude guimauve, voilà pour la prochaine fois, de quoi vous exciter un peu... J'ai des hontes sentimentales, et d'autres plus fun quand même:



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Mais qui sont-ils? Mystère. La suite de notre immersion dans la musique tiers-mondiste peu appréciée hors frontières la prochaine fois où il se fera tard, et que je serais sans scrupules. Bientôt, donc.

samedi 2 mai 2009

Le mystère et le jeu

C'est pas sérieux tout ça. J'ai trop de boulot, pour la fac, et des traductions à rendre, bref sans vous racontez trop les détails de ma vie, j'ai des trucs bien plus urgents à faire que d'écrire là, maintenant. Mais je peux pas m'en empêcher, j'ai une petite idée, là, c'est rare, et j'en ai envie. Prenez cela comme une déclaration d'amour.

J'ai une copine, S., qui est vraiment trop intelligente: une intelligente humaine, sensible, véridique. A chaque fois que je discute avec elle, c'est un vrai plaisir, elle élève mon esprit à toutes sortes de révélations, de façon pour elle totalement inconsciente, et loin d'être dans l'idée de me convaincre. Elle inspire. Elle est comme une muse, au sens dépossédé de sensualité: ne reste que la matière exploitable qu'elle crée dans mon esprit.

Dernièrement, on a beaucoup parlé du jeu amoureux. Vous savez, ce jeu qui nous saoule, nous les filles, et qui consiste à faire la conne, gémir joliment, mettre des talons, bien tourner un mail et attendre les appels des garçons. Jeu très très chiant, de par son premier degré indépassable- même s'il s'arme d'ironie et d'humour, c'est toujours une seule strate du rapport humain qui est exploitée là.

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Comme S. me le rappelait, "T'as beau sortir avec un philosophe, il suffit que tu mettes des étoiles qui brillent sur tes tétons pour qu'il perde la tête." En approuvant cette phrase, totalement, j'ai perdu ce qui me restait de romantisme. Ce n'est pas plus mal, parce que je crois que c'est le premier fléau du XIXè, après Napoléon III. J'ai compris qu'il fallait cesser de mettre les rapports amoureux ou les sentiments sur un piédestal: la chair est faible, et l'on obtient plus de succès en se faisait passer pour ce que l'on n'est pas, qu'en se montrant réellement, et sans fard.

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Cette vérité vraie fait chier la plupart de mes copines. On aimerait dire "tu me plais" quand il nous plaît, plutôt que de rire aux éclats aux blagues pourries de M. X, qui ne nous sert qu'à attirer son attention en pleine fête. Ça peut paraître tout à fait débile ce que je dis là, et aisément transcendable, par beaucoup d'entre nous qui se positionnent au-dessus de cela (évidemment); or j'en croise beaucoup qui admettent être dans ce jeu-là, ce rapport imbécile, impatientes de pouvoir enfin arrêter les conneries pour entamer la vraie aventure. Cesser de barboter sur la plage pour se mouiller vraiment: ainsi l'on va plus loin, et commence l'exploration. C'est comme si, de toute façon, au départ, il fallait en passer par là. Obligé. Sinon, on passe pour une tarée désésespérée.

Certes, on ne peut pas non plus vivre sans fard. C'est une autre idée du romantisme à abandonner: gardons des masques, restons séduisants, et toujours prêts à rebondir. Parce que j'ai déjà essayé, non seulement j'ai vu que c'est ingérable pour l'autre, le don de soi, et en toute franchise je préfère moi-même le mec qui se tient à celui qui s'abandonne pleinement.

Mais, comme l'a dit S.: "Le problème avec le jeu, c'est qu'il n'y a pas de mystère. C'est en étant soi-même qu'il y en a vraiment."


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Bien sûr. Parce que l'on connaît les règles du jeu. Tandis que l'on se connaît bien moins soi-même, ou l'autre. C'est-à-dire que l'on se leurre: on fait mumuse à tourner autour du pot, en mille cabrioles, cependant qu'on sait la danse que l'on produit, les pas, et l'attitude du cavalier... Et que l'on ignore ce qu'il y a dans le pot.

Serait-on donc des tapettes, sous prétexte de coolitude et de faux libertinage?

On surfe sur des eaux légères, des vagues superficielles, des petits lacs: tout ça, pour ne pas s'engouffrer dans les eaux profondes. Évidemment, on ne sait ce qu'il s'y trouve, c'est plus dangereux, et surtout plus compromettant. On ne sait pas ce qui nous attend, au fond, en dessous.

Sauf que, pour continuer mes métaphores que je vous sers à toutes les sauces, c'est peut-être comme la différence entre la bite, et le vagin. Ok, la bite on connaît, ça a ses évidences. On connaît le jeu, la gaule du matin, l'érection, tout ça, tout ça. Le vagin, c'est interne, profond, plus complexe: quel est ce gouffre? C'est la surprise, qu'elle soit très bonne, ou très mauvaise. Au risque de passer pour une féministe attardée, on a peut-être trop "phallisé" nos rapports amoureux. Il serait temps d'un retour au féminin. Pour un vrai mystère, un vrai apprentissage aussi.

Parce que moi, les cabrioles autour du pot, je trouve ça lassant, quand même. Je n'y apprend plus rien. Ça s'essouffle un peu, et surtout, si l'on est profondément esthète en sentiments, ça n'a pas vraiment de gueule. Puis c'est ennuyeux.

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Comment y remédier? Telle est la question. Serait-ce une question d'âge, de maturité? On est pas dans la merde: y a-t-il un juste milieu entre le flirt à outrance, et les bobos, qui font un enfant dans l'année de la rencontre, à 35 ans? Je fais quoi, moi, en attendant? Je m'emmerde encore dix ans, pour me déprimer, une fois en cloque, du pragmatisme de la chose?

Ah, le voilà, encore et toujours, ce romantisme qui pointe. Il est difficile à lâcher, celui-là. Je crois encore à la rencontre qui fait perdre tous les moyens, qui nous fait dire "pourquoi pas", tandis qu'on se fait pipi dessus. Il me manque encore quelques désillusions, quelques vérités que j'évite, et je serais prête et je ferais de grosses croix...

Puis à dans 10 ans, alors. Super.

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