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mercredi 3 mars 2010

Un an, presque

Attention, scoop de ouf. J'ai aussi des scoops de ouf de la St Val', et d'avant, mais j'y reviendrai plus tard. Là, c'est direct scoop de ouf qui n'attend pas.

Vous souvenez-vous de l'année dernière, mes échecs sentimentaux, mon alcoolisme irlandais, ma coupe de guerrière moyenâgeuse ? Je vous rafraîchis la mémoire : c'est, et .

Mais je résume aussi :
Lasse d'une relation loin de me satisfaire avec un énergumène qui se montrait loin d'être satisfaisant, sauf charnellement parlant, ce qui est loin très loin de suffire à une masturbatrice intellectuelle sentimentale comme moi, j'avais donc entreprit un voyage gaélique avec ma fidèle acolyte, Olia, toujours opérationnelle face à ce genre de décision, bien qu'elle-même revenait d'un périple dont elle s'était à peine remise à New York.

En bref, ma géniale idée c'était d'oublier ce mec à coups de pintes de Guiness et d'irish kisses. Et de me vautrer dans les plats amoureusement cuisinés par ma sister, pendant que je régressais fortement à jouer au roi du silence, ou au chat perché, avec mes nièces dont le quotient intellectuel est supérieur à celui de toute ta famille réunie.

Ça n'a pas fonctionné. Pourtant, j'ai tout fait de ces beaux projets, pas forcément dans l'ordre, j'ai sans doute mangé et joué au chat perché avant d'embrasser des Irish guys, mais disons que j'ai respecté une hygiène de vie déplorable, ce qui était honorable vu mon incroyable projet qui était de revenir plus belle, plus forte, plus sûre, plus incisive.

Yes I can, que nenni. Je suis revenue en courant dans le même lit, du même mec, sauf que j'étais en ciré jaune avec des tiags et un noeud fluo dans les cheveux. Disons que mis à part l'amitié et la famille, les bons souvenirs et les burgers, ce voyage en Irlande n'était pas tout à fait nécessaire, enfin je veux dire esthétiquement parlant.

Mais en Irlande, on s'en tape de l'esthétique, et de Descartes, et du bon goût, et de tout, et c'est ça qu'est bon.

Je me suis un peu égarée en digressions... Where is the scoop ? The scoop is in the kitchen. Nan, je rigole.
Bref, le scoop incongru, l'ironie du sort, la beauté de l'existence, c'est qu'un an après, à trois jours près quand même, je retourne en Irlande. Déjà, c'est ouf. Genre la coïncidence de malade.

Et en plus, je retourne à Galway avec le mec que je voulais oublier l'année dernière.
Le scoop de ouf.
L'échec de malade aussi.

A défaut d'avoir pu le bouger définitivement de ma vie, est arrivé ce qui devait arriver : il passe par la case Irlande. C'est le test ultime, du genre ah ouais sale parasite, t'as pas voulu bouger de ma vie, hein, éh ben tu vas voir l'Irlande, et on verra si tu feras encore le malin.

Quitte, ou double. (alors qu'en fait trop pas, mais faisons genre je suis pas empêtrée dans une relation de couple mielleuse)

C'est l'occasion de trouver ENFIN une passion commune.

Moi, je kiffe tout en Irlande. Alors lui, au choix il peut craquer pour :

-les pubs trop bien
-les burgers trop bons
-Topshop (j'en trépigne d'avance)
-les ciels gris trop beaux
-la baie de Galway, trop bien
-les îles d'Aran, en vélo, trop bon
-les maisons multicolores
-l'air frais, trop bien
-les bières, trop bonnes

-Et la famille, t'as vu !

Alors voilà les gars. ON-SE-CASSE. Vacances.

On reviendra fat et mal lookés. J'espère. Ca voudra dire que ça s'est plutôt bien passé...


Irlande Style bébé !




mardi 10 mars 2009

L'abus d'alcool est dangereux pour le look

L'idée folle de partir en Irlande m'est venue dans un état de sobriété relative: je venais de passer la nuit chez un garçon qui ne me ménage pas en sensations fortes, ma tête surchauffait au soleil et j'avais bien dix nuits de sommeil de retard. Mais enfin, cela n'était rien quant à ce qui allait suivre. 
Olia, elle, avait l'excuse du décalage horaire et d'une maman très encourageante pour de nouvelles aventures pour expliquer logiquement comment elle a pu me suivre dans ce voyage alors qu'elle revenait à peine de New York, et qu'elle ne cuvait pas encore bien son décalage horaire.

En réalité, Olia avait même toutes les excuses du monde, et moi aussi, pour expliquer notre insouciance, et surtout nier notre apparent alcoolisme sous couverture de raisons valables. D'abord, elle est très nerveuse avant de prendre l'avion; pas tous les avions, certains seulement, et figurez-vous que l'heure et demi de vol pour aller à Shannon la stressait beaucoup: et hop! une petite bouteille de Bayley's, même pas glacée, même pas passé midi. Ça commence bien. D'ailleurs, j'aurais bien dû me dire au moment précis où je la vois s'enfiler en douce la bouteille (qu'elle tentait vainement de planquer dans un sac kraft, NYC-style oblige) que les choses allaient mal tourner.

J'ignore si c'était un rituel chez elle de boire avant midi, mais ça l'est vite devenu chez nous; encore une fois, une bonne raison pour s'acheter une petite bouteille de vodka: le Sprite Zero, c'est vraiment dégueulasse. C'est fou comme ça passe mieux avec de la vodka dedans. On la sent même pas.
On aurait dû rester posées tranquillement sur une pelouse, à siroter notre vodka, mais il pleut en Irlande, alors au lieu de ça, nous sommes allées dans le centre commercial de Galway, très drôle, très local: je devais lui montrer.

On finissait la bouteille quand on a acheté un tube à faire des bulles-qui-n'éclatent-pas-quand-on-les-touche! dans une boutique qui s'appelle Magic. Avec de la vodka dans le Sprite Zero, on gobait tous ce qu'on voyait; par chance, on n'avait pas trop envie de voler ce jour-là, sinon on l'aurait acheté, le tapis volant. Bon, une bricole à trois euros, c'est pas grave, même si on fout des bulles dans tout le centre mortes de rire, et dégoutées de voir cette matière bizarre qui fait que les bulles-n'éclatent-pas-quand-on-les-touche!, qui laisse une fine matière genre sperme séché dans les cheveux. Nice.

Le drame, c'est quand l'effet de l'alcool était à son comble et qu'on s'est retrouvées au beau milieu du Tati-Monop'-H&M local: un grand grand magasin hybride, avec pleins de trucs moches, et des perles. Pleins de perles.
Nous étions hallucinées, comme les furies du premier jour des soldes, en pire, parce qu'on n'a jamais fait le premier jour des soldes en furie. On a tout essayé. Olia a voulu s'acheter un maillot de bain alors qu'il faisait quand même 3 degrés dehors. Fallait le vouloir. Je l'en ai dissuadé, mais elle n'a pas pu m'empêcher d'adorer un ciré jaune, "super cool quand il pleut". Super cool, peut-être, en attendant faut l'assumer mon manteau moutarde verni qui fait "fvrouch fvrouch" dès que je bouge les bras. On dirait un peu que j'ai six ans quand je le met, je pense qu'il a d'ores et déjà été motif de désillusion aux yeux d'un garçon esthète que j'aimais bien (moyen, le "salut!" le matin, les bras en l'air, la tête planquée sous la capuche, et la démarche rythmée de fvrouch fvrouch)... Pas grave. Dommage, un peu, quand même.

Bref, mettons le reste de la journée et de nos achats sur le compte de l'enivrement. On a acheté tout pareil, mais pas de la même couleur, pour se rassurer:

-des santiags espagnoles
-des ballerines métallisées
-des gants de toillettes
-des boucles d'oreille
-des barettes
-...

Je lui ai troqué un noeud pour les cheveux contre une culotte, et elle m'a généreusement filé une paire de boucles d'oreille qui tombe.

L'après-midi ne s'est cependant pas arrêté là (ce qui aurait été mieux pour tous, surtout moi); j'ai aussi acheté:

-un noeud rose pour les cheveux
-un serre-tête avec un noeud panthère
-un serre-tête avec des étoiles pailletées
... Et le fameux ciré jaune, que ma soeur m'a offert, sceptique, genre "t'es sûre que tu le mettras à Paris?".
Nous sommes ressorties du magasin, nous, les sobres filles de Paris, accoutrées comme pas possible: Olia, qui se sape plus-mamie-tu-meurs avait ses boots de cowboy, un serre-tête doré dans les cheveux et des grosses boucles d'oreilles dorés genre aïe-les-yeux, tu lui enseignes à J.Lo. Et moi, heureuse comme Dingo avec mon noeud panthère dans les cheveux.

Je disais à Olia, avant de partir, que l'Irlande était la terre du mauvais goût; c'est vrai, on arrive bonnes et l'on repart avec un bidon de bière et l'esprit vaseux.

Ajourd'hui, je regarde dans ma salle de bains les accessoires que je trouvais dingues et je me fous la pression: sois j'arrête le Sprite Zéro-Vodka, soit j'assume.

Entre nous, je suis pas une tapette. 



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