samedi 28 février 2009

La bifle

Samedi soir.
Il y en a qui sortent, qui sont en train de dîner dans des restos branchés du IXème, il y en a qui se préparent, qui vont bientôt aller boire et danser... Puis il y a moi, qui écrit en ce moment même parce que je ne sais trop quoi faire d'autre, et que je suis coincée chez mon père à m'occuper de lui. (La raison de la chose fera l'objet d'un post le jour où je voudrais me faire pardonner d'être une bitch et que je devrais attendrir pleins de gens. Surtout d' implacables filles.)
Le samedi soir c'est donc un soir où l'on sort, puis où l'on rentre (logique), et le mieux c'est quand l'on ne rentre pas seul: petite cerise sur le gâteau. J'utilise toutes ces généralités-là pour insinuer, prouver, que le samedi soir, c'est donc un soir à forte connotation sexuelle. Dansante aussi, sexuelle surtout. Ça fait des années que je n'ai pas la télé et que je n'ai pas lu Télérama, mais je crois bien que sur Canal + ça continue le porno du samedi soir pour permettre aux braves gens exténués de leur semaine de s'exciter un peu. Soit. 
Donc c'est la fièvre du samedi soir et je suis là, non non je ne me touche pas encore mais j'avoue que j'ai une petite idée bien salasse derrière la tête. Et elle a tout pour plaire mon idée: elle est concept et bien crade, comme il faut. Parce que comme disent mes copains Frank et Romu, il est temps que j'arrête de parler sexe dans la cuisine, en terrasse, en vélo, en enfer... Marquons le coup cette fois, cessons les vaines discussions perdues dans le vent, et introduisons notre joli mot, trahi dans le titre: let's talk about la bifle.

Mais qu'est-ce donc? 
Ce qui est drôle c'est que les dégueulasses auront deviné, et les prudes, les naïfs, les gentils, ne voient pas du tout ce que ça peut bien être. D'abord, remercions les gars du sud-ouest d'avoir inventé ce terme pour définir ce que l'on ose à peine se remémorer... (Et M.T.C pour faire passer le mot partout où il boit des coups.) 

La bifle, donc, c'est une gifle de bite. Pas con, hein, fallait y penser.

Est-ce que les gifles de bites méritent un post, est-ce que les bifles c'est bien?

Fermez les yeux. (Ouvrez-les pour lire la suite.) Essayer de vous rappeler la dernière fois que cela s'est produit; vous mesdames, si bifle il y eut, c'est que vous eussiez été dans un fameux état de dépravation ardente, en un abandon complet de votre personne... 
La bifle c'est donc un peu comme une preuve d'amour. 

Et vous messieurs, à part si vous êtes des Rocco en puissance, les bifles vous rappellent cet Hercule du cul que vous fûtes un soir, car soit vous avez osé, je ne sais où, pratiquer la bifle, avec réussite, et ça c'est déjà pas mal, soit vous avez tellement assuré que la gentille fille s'est transformée en furie et qu'elle s'est elle-même biflée. Là, c'est très fort.

Ainsi il y a différentes sortes de bifles:
1) La bifle câline: sur les flancs.
2) La bifle marrante: sur les fesses, en mode poum poum booty shake.
3) La bifle navrante: sur la foufoune, genre je gère pas mes doigts donc je m'aide avec ma bite. (Mouille steuplait)
4) La bifle suprême: sur le visage, les yeux, les lèvres... Comble d'excitation pour les deux, pour en arriver à un geste si vain. 
5) ... L'idée n'est pas d'en faire un catalogue. Vous savez vous-même de quelles bifles vous vous chauffez, ou pas. Soyez créatifs.

Car la bifle est sacrée. Rare. Dégueulasse. Imposée. Violente. Douce. Mignonne. Mais surtout c'est si accessoire que l'on s'y attache au final. Et qu'elle revêt parfois des significations plus profondes qu'il n'en paraît.

Elle est tabou un peu. Donc puissante. En général, on évite d'en parler le lendemain. On a un peu honte. On baisse les yeux, on met malgré ce qu'on a fait un tee-shirt quand on sort du lit. On se râcle la gorge. C'est idiot, mais c'est gênant de penser qu'on en est arrivé là. Moi, j'avais même oublié quand et comment je l'avais fait pour la dernière fois. La mémoire est bien sélective. Elle choisit ses heures de gloire. (Non, vous ne saurez pas quelle bifle exactement j'ai occulté de mon esprit.) Il a fallu qu'un ex me la rappelle, pour me prouver que le sexe entre nous a su être bien; qu'il m'avait un jour rendu folle; qu'avant d'être aigrie par lui, j'étais une chaudasse; qu'on avait eu de grands moments de complicité. 

Alors je me dit que la bifle est aussi gage de quelque chose. Quoiqu'il en soit, c'est même devenu un symbole, là. Une preuve. L'assurance qu'un jour entre lui et moi, c'était fort, c'était bien.

Quelle époque mes enfants. En d'autres temps, une lettre d'amour aurait largement suffit. 

Faut croire qu'elle est donc bien solide la bifle, car quand tout s'écroule, elle reste érigée, belle, fière, intacte, arrogante. Mesquine. 

La bifle, est-ce donc tout ce qu'il nous reste?

Mazeltov.







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lundi 23 février 2009

Langue de pute

Oyé, oyé ! Avis aux célibataires heureux et actifs: il n'y a pas que la chanson de Beyoncé pour nous représenter. Je dis non; je dis stop: le couple, c'est bien que dans les films. Enfin, presque. Parce que si je passe en revue comme ça, mine de rien et de façon anonyme, les couples qui existent autour de moi, eh bien j'ai peur que ce ne soit pas glorieux. Et que sous la plage de carte postale, c'est le même bitume. Habituons-nous mes braves, et regardons, cependant sans aller trop en détail: je risque de perdre des copains.

Il existe un syndrome que l'on rencontre si et seulement si les gens sont en couple: j'appelle cela "l'orgueil des amoureux". On a tous connu un grand amour, pas forcément réciproque; mais ceux qui ont eu la chance de se voir reflété dans les yeux de l'autre, les coeurs en échos et les bouches en coeur, ont été victime de ce syndrome. Les individus atteints de l'orgueil des amoureux pensent détenir une vérité, au sein de leur couple, secrète, cachée de tous, qu'ils voudraient partager au monde, mais le monde est trop moche, trop gris, pas assez d'amour et de velours pour comprendre et recevoir cet amour si fort et si fou. Ils s'imaginent dans un putain de film, et tout est esthétique: ses chaussures, sa bouche rouge...


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 Cet amour si vrai, cet amour si beau... Si heureux, si joyeux et si dérisoire. Oui, car les bonnes choses ont une fin, et si ces tourtereaux pensent finir leur vie ensemble - ce que je leur souhaite, cela dit-, qu'ils n'oublient pas que c'est à coup de casseroles que les choses se font. Aujourd'hui on s'aime et t'as rien compris, demain il voudra mettre la main sous la jupe de l'idiote qui comprend rien tandis que, par amour et contrat de confiance, t'auras du poil aux jambes et un petit pull marine.

Bien sûr que j'en connais. 
Et ce qui est beau chez eux, c'est qu'ils s'aiment tellement qu'elle parle pour lui, franchement, et lui coupe la parole; quel besoin aurait-il de s'exprimer, après tout, puisqu'ils s'aiment si fort, pensent si pareil, et se comprennent tant?
Je ne sais lequel je plains des deux, le muet ou l'arrogante... Mais ne soyons pas trop cruels: ils se sourient, peut-être, quand ils se lèvent la matin.


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Mon but premier n'est pas de détruire les couples qu'il y a autour de moi avec d'amères paroles, ni de confirmer mon cynisme; mais il faut le dire, j'en connaissais des drôles et des extraordinaires, qui, mis ensemble, deviennent par miracle un couple pépère, des fonctionnaires de l'amour, et j'en connais d'autres qui s'adoraient, et maintenant tout n'est qu'angoisses et doutes, couronnés par la culpabilité de regarder par dessus son épaule... C'est triste. 


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Bon. Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne dis pas tout cela au hasard. Evidemment que ça me triture, et que j'ai ma part là-dedans.
En effet, je suis dans une relation que j'appelle la "trois-sur-dix". Si on peut appeler cela une relation, c'est vous dire. Mais, comme à l'école, je suis une mauvaise élève, j'ai pas bien choisi mon camarade, mon binôme.
Parce que déjà, on ne rime à rien; puis on a pas grand-chose à se dire. En vrai, je suis tellement nerveuse avec lui, et je sais si peu sur quel pied danser qu'il se retrouve, le pauvre, avec un idiote qui tangue constamment. Charmant. Cela dit, lui n'est pas forcément mieux non plus, et dans sa tête pleine de névroses et de concepts, il ne s'accroche désespérément qu'à une lettre: le X.
Avec ses ex, nombreuses et variées, drôles aussi, il faut dire, qui confèrent un passé vibrant et rempli, avec sa dyslexie après trois verres de whisky, et ses excuses bidons, parfois je me demande même s'il rentre dans un barème et mérite une quelconque notation.
Puis vient la nuit: XXX. (facile, j'avoue) Oui, vient la nuit où, merde, j'ai plus rien à dire et un quelconque sujet de conversation me semble inutile, et je n'ai plus à savoir quoi danser à l'horizontale, et c'est mieux. Alors ça gagne des points. Ma chouette histoire "trois-sur-dix", c'est peut-être pas qu'une bulle. 



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Enfin, je pensais que c'était ça la note, vu les réprobations de mes copines, le fait-attention-aux-salauds,  le magnifique "fait pas durer deux ans un truc qui aurait dû durer trois heures", et les conseils rigides qu'il me reste en mémoire de ma mère... 
Cependant, la vie c'est pas soit noir, soit blanc, et suite aux idées yin, j'ai eu la chance de m'ouvrir l'esprit aux idées yang d'un ami à moi. (L'histoire est bientôt finie, promis.) 

Mon pote John m'a dit, très simplement, m'ayant écouté distraitement, au volant de sa voiture: "Pour une fois que t'es pas avec un soumis,(il faut dire ici que j'ai essayé de mettre un terme deux fois à cette relation, et rien à faire, je crois bien que mon beau brun suit le postulat de ne pas m'écouter, ni de m'obéir, et d'en faire qu'à sa tête. Sexy.) et que t'es dans un truc comme t'as toujours voulu, libre, c'est quoi le problème?..."
Là mon pote John il a touché deux points sensibles: soumission, et liberté. Et d'un coup, d'un seul, il a explosé mes cadres bourgeois: c'est dire si je les avais fragilisés, déjà.

Alors, hin hin, telle une cancre, j'en suis un peu fière, de ma relation trois-sur-dix. Parce que, wouah, il est pas soumis, et que wouah, je suis libre. Regardez un peu autour de vous: oui, c'est rare.

-Mais vous vous appelez?
Non. 

-Et tu sais où t'en es?
Non. 


Bah quoi?








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samedi 14 février 2009

Valentin se cache bien.

Mes chers compatriotes, l'heure est grave.

Après avoir miraculeusement survécu à un vendredi 13, on doit affronter de plein fouet un samedi 14 février. Terrible: une Saint-Valentin de week-end, une fête à savourer avec deux fois plus de temps libre (comme si j'étais over-bookée). Alors bon, on se dit que c'est trop naze comme fête, entre nous je ne l'ai pas fêtée depuis la primaire en plus. Et encore, je me suis séparée deux fois dans ces eaux-là: faut croire que mi-février n'est pas une période de roucoulements pour moi.

Idée: être un couple à lunettes.

N'empêche, étant donné que j'ai pris une sacrée cuite hier soir, que j'ai dormi sur un canapé, qu'on m'a photographiée en train de dormir avec une casquette multicolore sur la tête, et que je suis présentement en train de mourir à moitié dans mon lit, parce que j'ai en plus bu quatre cafés et que mon coeur va me lâcher, j'ai rien d'autre de mieux à faire que de me questionner, encore et toujours, et faute d'avoir un mec à décortiquer, de m'auto-autopsier. Parlons donc d'amour. Evidemment, j'ai envie de dire...

Comment vont mes amours? 

Idée: être un couple en moufles/tandem.

So whazzaaaaaaaaaaaaaaa?!

Bon. C'est la décadence. La débandade. Disons que je n'ai personne pour qui je me mettrais sur mon 31. C'est sombre, car c'est un grand symbole, le 31: on fait tous genre je suis naturelle là, non c'est pas pour toi que je m'épile, et que je me lave les cheveux. Genre j'ai dit. Assumons. Mettons des talons peut-être. Ca fait un bail que je ne me suis pas faite jolie pour un homme en particulier, aspect femme fatale assumé, cils noirs et volumineux, regard franc genre "c'est que pour toi bébé". Non, mon expérience du célibat c'est : je me fais jolie un peu pour tout le monde, advienne que pourra, y'a pleins de poissons dans la mare. Hin Hin Hin. Pas bête la guêpe.

Idée: être un couple végétalien.

D'ailleurs pas plus tard que ce midi, avant d'aller me gaver dans un restaurant italien, au tout premier expresso, un ami me demandait si j'étais amoureuse en ce moment (voir mon avant-dernier post, où l'on pourrait franchement croire que oui). Grande question pour un coeur d'artichaut comme moi. Belle confrontation, surtout que je raconte un peu n'importe quoi, selon l'envie. Aujourd'hui j'aime, demain rien à foutre de rien; après-demain excuse-moi, et reviens.

Idée: être un couple sans complexe en Zizis.

Plutôt qu'amoureuse, je crois que j'ai été très idéaliste dernièrement. J'ai cru à l'océan des possibles, et j'ai flippé quand je me suis rendue compte que j'étais devant une mare aux canards. Un ruisseau. Pour ne pas dire le caniveau d'en bas de chez moi.
Je suis un peu la Christophe Colomb des sentiments, je vois les Indes partout, et un peu à côté de la plaque j'arpente une planète ronde, pensant qu'elle est carrée. Lost in my own map. Alors je ne sais pas trop quelle attitude opter devant les autochtones qui m'entourent: ils sont libres et sauvages, tandis que je voudrais qu'ils portent un noeud-pap' et des baskets japonaises. Toi Tarzan, moi Jane moderne, coupe-toi les cheveux s'il-te-plaît.

Je suis loin du compte, quoi. Dans un état proche de l'Ohio, je vogue vers le méga n'importe quoi.

Idée: être un couple Club-Med.

Excusez-moi, ce post va mal, je ne sais comment le finir, je n'ai pas de chute, juste j'ai des relents de vodka.

Faisons donc une conclusion ludique et instructive, qui nous aidera tous ce soir: car faute de télé, et de bonne âme pour s'occuper de vous, quoi faire en phase post-cuite?

Mater des trucs. Ouais ouais.




*Pour une Saint-Valentin réussie (merci Etienne):



*Pour avoir le modjo ce soir (merci Manon) :





*Parce que c'est beau l'amour (n'est-ce pas Mathieu?):