Quand une relation se termine, c'est un peu comme quand on meurt, enfin à ce qu'il paraît, d'un coup on fait un bilan séquentiel, et l'on revoit toutes les étapes, les instants, les choses de notre histoire.
L'histoire étant déclarée comme finie, on voit les choses d'un nouvel angle. Je sais que c'est pas très fair play, mais il m'arrive de regretter les actes d'amour et de don, a posteriori. Je me dis que là, j'aurais pas dû insister ; que ceci, ou cela, j'aurais pas dû accepter ; que là, j'aurais mieux fait de me casser.
Ce matin, donc, le dimanche 8 novembre, est un jour historique : je me suis fait plaquée. Ça me fait du mal, je suis plutôt triste, mais en même temps l'histoire tanguait depuis avant même qu'elle existe, je crois. Avant même qu'on naisse, lui et moi, y'avait un veto divin sur nous, un truc tragédien grec, genre eux, on va faire en sorte que le cul soit mortel qu'ils se marrent bien, mais qu'elle soit toujours plus exigeante et lui sentimentalement indemne. (Je m'en donne à coeur joie sur ce blog, rien à foutre de l'intimité, théoriquement y'en a plus.)
C'est étrange de se faire plaquer. L'un premiers textes de ce blog parlait de ça, justement. Pour une fois, alors que j'ai quitté ce même garçon un nombre incalculable de fois, je dois admettre qu'il y a quelque chose de doux, dans l'acte de se faire plaquer. Lorsque je le quittais, j'étais rongée d'amour bafoué, de culpabilité, de remords. Là, au moins, même si on est deux responsables des choses qui ne vont pas, on n'est pas deux responsables de la rupture. Il a pris la décision pour moi. C'est une chose qu'on n'a pas fait depuis 1998, peut-être, décider à ma place, ne pas me laisser le choix, trancher, choisir.
Ainsi, à la différence des fois où moi je le quittais et où l'angoisse me prenait d'avoir peut-être pris la mauvaise décision, de n'avoir pas bien pesé et vu les choses, d'avoir hâtivement jugé, là, au moins je suis tranquille. Ce n'est pas moi qui me goure. Ou pas. La question n'est pas de savoir s'il a raison, ou tort, mais d'admettre que c'est un chagrin d'amour pour le moins confortable.
Le truc, c'est que je n'ai aucune idée de combien de temps ça prend à partir, la tristesse, ni de comment ça se gère. Avant, je portais la culotte, j'étais forte, je quittais, avec des discours et des revendications pleins mon baluchon. Guerrière.
Là, je suis comme assise sur un petit rocher au milieu de nulle part, marée basse, abandonnée comme une petite fille. Et c'est agréable malgré tout de ne pas se sentir responsable.
Bon. Je suis célibataire. Je sais pas ce que ça va me permettre maintenant que je ne m'autorisais avant, franchement. Certes il va y avoir des changements : retour aux capotes, aux situations absurdes, à la décadence du célibat. Je vais pas dire que ça me manquait.
Mais vu que j'ignore combien de temps j'ai naturellement besoin pour me remettre d'une peine de coeur, je pense que ce blog sera donc un bon moyen de partager cette expérience inédite.
C'est quoi les étapes vers un changement radical ?
Je suis copine avec les potes de ce mec, il va donc bien falloir que je change de milieu, pour un temps du moins. Pas question de me le croiser à tout va. (Même si ce matin, lui, il avait l'air ravi d'en revenir au temps de la bise...)
-Défi numéro 1 : Rencontrer de nouvelles personnes.
Puis, logiquement, quand on sort d'une histoire, c'est pas pour aller vers quelque chose de moins bien. J'admirais énormément ce mec, que je trouvais beau, sexy, talentueux, drôle, tendre, charmant...
-Défi numéro 2 : Trouver mieux. Plus beau, plus grand, plus drôle, plus intelligent... Et pourquoi pas plus riche ? Ça me ferait pas de mal, fauchée comme je suis...
Je viens de me rendre compte que j'oublie quelque chose de fondamental.
-Défi numéro 0 : L'oublier. Évidemment, là, tout de suite, ça me semble tendu. Mais c'est pour ça justement que j'ai un blog. Écrire, c'est un superbe exutoire.
Donc rupture jour J, pour l'instant, j'en suis au défi 0. Mais je compte bien chroniquer ici les avancées, changements, chamboulements.
On va bien rigoler.
dimanche 8 novembre 2009
samedi 7 novembre 2009
Mythologie du couple
(En une demi-heure chrono, on m'attend pour dîner...)
Ce soir je voudrais parler donc de ce que j'appelle la mythologie du couple. C'est-à-dire que chaque couple a une genèse, sa propre histoire. Moi, ça me fascine. J'ai envie de demander à tous les couples que je croise comment ils se sont rencontrés. Ce que je préfère, c'est que ce n'est absolument jamais la même version à chaque fois.
Il arrive que l'histoire des débuts du couple soit si belle que le couple continue, même lorsque ça ne va plus, seulement parce que les débuts étaient idylliques, mythiques, romanesques. C'était le cas de mon mariage (oui, j'y reviens encore, c'est inépuisable d'anecdotes le mariage...) : au début, le coup de foudre simultané/réciproque, le désir qui montait, le tabou (on était cousins), la distance, tout a fait que c'était incroyable. Deux ans après, alors que notre quotidien était invivable et qu'on se bouffait cru comme des chiens, on s'accrochait désespérément à nos débuts, seule chose rose du tableau. On se regardait dans le blanc des yeux pour se remémorer notre Eden des sentiments.
C'est débile. Et trompeur. Il faut se méfier des débuts de miel; ça nous engourdit le coeur et aide à ce que l'amour, ensuite, nous rende longtemps aveugle.
La plupart des couples originaux, et costaux, ont d'ailleurs des débuts les plus étranges. (Superbe vérité générale énoncée que je n'ai pas envie de développer.)
Cependant, l'exact contraire au début parfait n'est pas mieux. Un début de merde, avec des valeurs inversées, pas d'amour, pas de réciprocité, c'est pas évident à mentalement assumer. Car même si avec le temps il est possible qu'on s'attache, on reste toujours sceptique, du fait d'être issue d'une génération Disney. Difficile de se convaincre : "Oui chérie, j'ai rencontré ton père à une partouze, il était seul puisque personne voulait le sucer, et finalement de fil en aiguille, ..."
On prétend être libre. Nous sommes même libres de vivre des choses différentes du schéma préconçu idiotement romantique. Niquer à tout va, pas de problème. Se taper une bande de potes, pas de problème. Draguer par chat, pourquoi pas. Mais quand on revient dessus, on sent bien qu'il y a une couille dans notre soupe de mythologie. Parfois, on voudrait bien se dire que dès le début on avait l'aval des dieux pour commencer cette histoire. Que le monde était d'accord avec notre dévolu.
Franchement, je vais pas tourner autour du pot 150 ans, le garçon que je fréquente (j'ai vraiment du mal à me la jouer noir sur blanc façon avec mon mec) et moi avons des débuts compliqués, difficiles, poussiéreux, et parfois glauques. Souvent même. Enfin, ça c'est la version officielle qu'il me faut assumer. Je me suis plus souvent sentie vieille pute que princesse à nos débuts. C'est bizarre comme constat, mais entre nous j'en connais pleins qui vivent l'inverse : d'abord princesse, puis vieille pute. Alors je vais pas me plaindre.
Au-delà de cette version officielle, j'ai remarqué que je me suis faite ma propre version, plus tendre, plus romancée, plus belle. C'est là que je me rends compte qu'il est très difficile de vivre sans mythe.
L'appréhension que j'aurais de confronter ma version à la sienne, et à l'officielle, me confirme une chose : on tient désespérément à notre mythologie du couple. C'est pareil que la terrible angoisse de la genèse des enfants : on t'a trouvé dans une poubelle. Cette vieille blague du frère ainé prouve une chose : peu importe l'harmonie de la famille, le confort, l'amour des parents, il est terrorisant pour un enfant de penser que les débuts, c'était de la merde. Que ça a mal commencé. C'est aussi la blessure des adoptés : bien qu'ils aient été gentiment élevés et recueillis, ils ne peuvent pardonner l'idée que dès le début, on ne voulait pas d'eux.
Est-ce que je me sens comme une enfant adoptée ? Malgré les efforts et les avancées, serai-je toujours obsédée par nos débuts branlants ?
Faudra-t-il compenser un jour ce manque de délicatesse ? Voudrai-je, en dédommagement de n'avoir pu avoir une belle rencontre magique, un pavillon en banlieue, une Porsche Cayenne et un labrador ?
Je ne sais à quels saints me vouer. On sait que les histoires d'amour finissent mal, en général. Mais celles qui commencent mal ? Hein ?
Je sais pas pour le labrador.
Je me contenterais peut-être juste de la Porsche. Pour commencer.
Ce soir je voudrais parler donc de ce que j'appelle la mythologie du couple. C'est-à-dire que chaque couple a une genèse, sa propre histoire. Moi, ça me fascine. J'ai envie de demander à tous les couples que je croise comment ils se sont rencontrés. Ce que je préfère, c'est que ce n'est absolument jamais la même version à chaque fois.
Il arrive que l'histoire des débuts du couple soit si belle que le couple continue, même lorsque ça ne va plus, seulement parce que les débuts étaient idylliques, mythiques, romanesques. C'était le cas de mon mariage (oui, j'y reviens encore, c'est inépuisable d'anecdotes le mariage...) : au début, le coup de foudre simultané/réciproque, le désir qui montait, le tabou (on était cousins), la distance, tout a fait que c'était incroyable. Deux ans après, alors que notre quotidien était invivable et qu'on se bouffait cru comme des chiens, on s'accrochait désespérément à nos débuts, seule chose rose du tableau. On se regardait dans le blanc des yeux pour se remémorer notre Eden des sentiments.
C'est débile. Et trompeur. Il faut se méfier des débuts de miel; ça nous engourdit le coeur et aide à ce que l'amour, ensuite, nous rende longtemps aveugle.
La plupart des couples originaux, et costaux, ont d'ailleurs des débuts les plus étranges. (Superbe vérité générale énoncée que je n'ai pas envie de développer.)
Cependant, l'exact contraire au début parfait n'est pas mieux. Un début de merde, avec des valeurs inversées, pas d'amour, pas de réciprocité, c'est pas évident à mentalement assumer. Car même si avec le temps il est possible qu'on s'attache, on reste toujours sceptique, du fait d'être issue d'une génération Disney. Difficile de se convaincre : "Oui chérie, j'ai rencontré ton père à une partouze, il était seul puisque personne voulait le sucer, et finalement de fil en aiguille, ..."
On prétend être libre. Nous sommes même libres de vivre des choses différentes du schéma préconçu idiotement romantique. Niquer à tout va, pas de problème. Se taper une bande de potes, pas de problème. Draguer par chat, pourquoi pas. Mais quand on revient dessus, on sent bien qu'il y a une couille dans notre soupe de mythologie. Parfois, on voudrait bien se dire que dès le début on avait l'aval des dieux pour commencer cette histoire. Que le monde était d'accord avec notre dévolu.
Franchement, je vais pas tourner autour du pot 150 ans, le garçon que je fréquente (j'ai vraiment du mal à me la jouer noir sur blanc façon avec mon mec) et moi avons des débuts compliqués, difficiles, poussiéreux, et parfois glauques. Souvent même. Enfin, ça c'est la version officielle qu'il me faut assumer. Je me suis plus souvent sentie vieille pute que princesse à nos débuts. C'est bizarre comme constat, mais entre nous j'en connais pleins qui vivent l'inverse : d'abord princesse, puis vieille pute. Alors je vais pas me plaindre.
Au-delà de cette version officielle, j'ai remarqué que je me suis faite ma propre version, plus tendre, plus romancée, plus belle. C'est là que je me rends compte qu'il est très difficile de vivre sans mythe.
L'appréhension que j'aurais de confronter ma version à la sienne, et à l'officielle, me confirme une chose : on tient désespérément à notre mythologie du couple. C'est pareil que la terrible angoisse de la genèse des enfants : on t'a trouvé dans une poubelle. Cette vieille blague du frère ainé prouve une chose : peu importe l'harmonie de la famille, le confort, l'amour des parents, il est terrorisant pour un enfant de penser que les débuts, c'était de la merde. Que ça a mal commencé. C'est aussi la blessure des adoptés : bien qu'ils aient été gentiment élevés et recueillis, ils ne peuvent pardonner l'idée que dès le début, on ne voulait pas d'eux.
Est-ce que je me sens comme une enfant adoptée ? Malgré les efforts et les avancées, serai-je toujours obsédée par nos débuts branlants ?
Faudra-t-il compenser un jour ce manque de délicatesse ? Voudrai-je, en dédommagement de n'avoir pu avoir une belle rencontre magique, un pavillon en banlieue, une Porsche Cayenne et un labrador ?
Je ne sais à quels saints me vouer. On sait que les histoires d'amour finissent mal, en général. Mais celles qui commencent mal ? Hein ?
Je sais pas pour le labrador.
Je me contenterais peut-être juste de la Porsche. Pour commencer.
jeudi 29 octobre 2009
Depuis le temps, j'ai pris le taxi
Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écrit que je sais même pas par quoi commencer.
Ma vie professionnelle au Grazia.fr qui happe ma créativité, mon temps, mon encre ?
Mon sujet de master sur Le Corps Lesbien qui fait toussoter mes professeurs ?
Ma vie de couple en montagnes russes ?
Ma nouvelle lubie ?
J'ai tellement de choses à vous raconter.
Je vais commencer simple : ce qu'il s'est passé hier soir, la dernière action. Enfin non, je vais pas parler de sexe, alors l'avant-dernière action.
De nos jours, qu'on se le dise, les chauffeurs de taxi sont devenus fous, des psychopathes dépressifs capables à tout bout de champ de prendre le périf' en sens inverse avec 3 grammes dans le sang. Si. Celui qui n'est pas d'accord :
1-n'habite pas à paris
2-ne sort pas
3- est trop pauvre pour rentrer en taxi
4-a un scooter
Du coup, les gens ne parlent plus avec les taxis. Ils vrillent trop, sinon (les taxis). Mais moi je m'obstine. Comme je me suis longtemps obstinée à sourire dans le métro, faisant fi du fait que cela m'attirait plus des ennuis et des relous qui me collent aux basques que du bien-être. C'est vrai quoi, on fait grave la gueule dans le métro parce qu'autrement, les tocards appuient leurs regards, les lourds pensent qu'il y a moyen de tenter une approche, et les clodos se foutent de notre gueule. Alors on finit par cesser de sourire.

Cependant avec les taxis je persiste. Quoi faire, quand il est 1h du matin, qu'on rentre, qu'on est bourrée ? Regarder Paris? Si je suis trop calme en voiture, ça me colle la gerbe. La seule solution : la discussion, la communication. C'est dingue les risques que je prends.
N'empêche ça m'a appris pleins de trucs, les conversations de taxis.
D'abord, qu'il y a vraiment des fachos racistes. Pas qu'à la télé.
Ensuite, que les Africains ils peuvent vraiment jeter des sorts. Une fois, y'a un chauffeur il m'a tellement parlé qu'il m'a envoûté et j'en ai oublié mon nouveau pull GAP trop beau, ainsi que d'autres affaires. Je m'en suis rendue compte que le lendemain. Saoule et envoûtée, la fille.
Puis j'ai appris que la chair humaine, c'est la meilleure des viandes. Depuis mon voyage en Argentine, j'avais une passion pour la cuisine avec des bébés animaux : les cochons de lait, les agneaux tout frais, les cabritos... Maintenant que je sais ça, je comprends Lautréamont qui veut s'en donner à coeur joie en festoyant des nourrissons.

Parce que mon pote le chauffeur qui avait une usine de savons naturels au Congo, il m'a dit qu'on devait exécuter les lions qui avaient mordu les hommes, parce que sinon après ils voulaient que bouffer de l'Homme. C'est fou hein. Et il m'a aussi appris que les crocodiles ils sentent les gens dans l'eau de très loin, par les vibrations de l'eau. On était à gare de Lyon, et il me fait :
"Si vous vous baignez là, ils vous sentent depuis la Bastille." Flippant les crocos. (Sauf en sac à main)
Bref, hier soir j'ai tapé la discut' avec "Joseph", qui s'appelle pas vraiment Joseph, parce qu'en vrai il est Iranien. Ça commençait bien. J'avais un coup dans le nez, j'ai pas pu m'empêcher : "C'est le comble pour un Iranien d'avoir choisi un nom Juif, non?"
Warf warf, j'étais morte de rire, et il a rigolé lui aussi. Quand même.
Finalement je sais pas comment on en est arrivé là, mais du Louvre à Sèvres-Bab', ce qui fait un petit bout de chemin, il m'a affirmé sa vision du monde. Attention, là, j'aurais besoin de la voix du commentateur de M6.
Donc il paraît que nous sommes gouvernés par un Empereur de l'Univers depuis le XVIè siècle. Son identité est secrète, il se cache, mais il vient de la dynastie de la famille royale d'Angleterre. Pourquoi il se cache ? Parce que lorsqu'on observe Gengis Khan, Alexandre, César, Hitler, Bush, Saddam, Mussolini et tous les autres, on se rend bien compte que vaut mieux ne pas révéler son ambition de vouloir régner sur la planète entière. Sinon, on se fait griller et tout le monde tente de nous en empêcher. Logique. Donc il est partout, pire que Big Brother, tout lui appartient (je cite) : BNP, HSBC, AmEx, Otan, ONU, tout ça tout ça, c'est à lui. Parce que la théorie de Joseph, c'est que le vrai problème, c'est pas les religions, mais le capitalisme, et que donc le Grand Empereur Secret il a fait la seconde guerre mondiale et toutes nos merdes depuis 500 ans, et surtout au XXème siècle, parce qu'il veut diviser pour mieux régner, ayant pour ligne de mire toutes les religions, qu'il veut détruire car les religions relient les hommes entre eux, créent la fraternité et l'amour sur Terre.
Il est très malin, le Grand Empereur Anglais. Même que la Seconde Guerre Mondiale, il l'a fait exprès pour pouvoir ensuite mettre les Juifs en Israel, parce qu'il savait que seuls les Juifs étaient capables de pouvoir construire quelque chose au beau milieu de cette merde de désert.
...
...
...
Depuis hier soir, donc, je me demande dans quelle illusion vit-on.
Parce qu'à bien y réfléchir, c'est peut-être possible qu'il existe, ce Grand Empereur de l'Univers Anglais.
Ça pourrait être possible.
Non ?
(Il faut décidément que j'arrête de parler avec les taxis.)
Ma vie professionnelle au Grazia.fr qui happe ma créativité, mon temps, mon encre ?
Mon sujet de master sur Le Corps Lesbien qui fait toussoter mes professeurs ?
Ma vie de couple en montagnes russes ?
Ma nouvelle lubie ?
J'ai tellement de choses à vous raconter.
Je vais commencer simple : ce qu'il s'est passé hier soir, la dernière action. Enfin non, je vais pas parler de sexe, alors l'avant-dernière action.
De nos jours, qu'on se le dise, les chauffeurs de taxi sont devenus fous, des psychopathes dépressifs capables à tout bout de champ de prendre le périf' en sens inverse avec 3 grammes dans le sang. Si. Celui qui n'est pas d'accord :
1-n'habite pas à paris
2-ne sort pas
3- est trop pauvre pour rentrer en taxi
4-a un scooter
Du coup, les gens ne parlent plus avec les taxis. Ils vrillent trop, sinon (les taxis). Mais moi je m'obstine. Comme je me suis longtemps obstinée à sourire dans le métro, faisant fi du fait que cela m'attirait plus des ennuis et des relous qui me collent aux basques que du bien-être. C'est vrai quoi, on fait grave la gueule dans le métro parce qu'autrement, les tocards appuient leurs regards, les lourds pensent qu'il y a moyen de tenter une approche, et les clodos se foutent de notre gueule. Alors on finit par cesser de sourire.

Cependant avec les taxis je persiste. Quoi faire, quand il est 1h du matin, qu'on rentre, qu'on est bourrée ? Regarder Paris? Si je suis trop calme en voiture, ça me colle la gerbe. La seule solution : la discussion, la communication. C'est dingue les risques que je prends.
N'empêche ça m'a appris pleins de trucs, les conversations de taxis.
D'abord, qu'il y a vraiment des fachos racistes. Pas qu'à la télé.
Ensuite, que les Africains ils peuvent vraiment jeter des sorts. Une fois, y'a un chauffeur il m'a tellement parlé qu'il m'a envoûté et j'en ai oublié mon nouveau pull GAP trop beau, ainsi que d'autres affaires. Je m'en suis rendue compte que le lendemain. Saoule et envoûtée, la fille.
Puis j'ai appris que la chair humaine, c'est la meilleure des viandes. Depuis mon voyage en Argentine, j'avais une passion pour la cuisine avec des bébés animaux : les cochons de lait, les agneaux tout frais, les cabritos... Maintenant que je sais ça, je comprends Lautréamont qui veut s'en donner à coeur joie en festoyant des nourrissons.

Parce que mon pote le chauffeur qui avait une usine de savons naturels au Congo, il m'a dit qu'on devait exécuter les lions qui avaient mordu les hommes, parce que sinon après ils voulaient que bouffer de l'Homme. C'est fou hein. Et il m'a aussi appris que les crocodiles ils sentent les gens dans l'eau de très loin, par les vibrations de l'eau. On était à gare de Lyon, et il me fait :
"Si vous vous baignez là, ils vous sentent depuis la Bastille." Flippant les crocos. (Sauf en sac à main)
Bref, hier soir j'ai tapé la discut' avec "Joseph", qui s'appelle pas vraiment Joseph, parce qu'en vrai il est Iranien. Ça commençait bien. J'avais un coup dans le nez, j'ai pas pu m'empêcher : "C'est le comble pour un Iranien d'avoir choisi un nom Juif, non?"
Warf warf, j'étais morte de rire, et il a rigolé lui aussi. Quand même.
Finalement je sais pas comment on en est arrivé là, mais du Louvre à Sèvres-Bab', ce qui fait un petit bout de chemin, il m'a affirmé sa vision du monde. Attention, là, j'aurais besoin de la voix du commentateur de M6.
Donc il paraît que nous sommes gouvernés par un Empereur de l'Univers depuis le XVIè siècle. Son identité est secrète, il se cache, mais il vient de la dynastie de la famille royale d'Angleterre. Pourquoi il se cache ? Parce que lorsqu'on observe Gengis Khan, Alexandre, César, Hitler, Bush, Saddam, Mussolini et tous les autres, on se rend bien compte que vaut mieux ne pas révéler son ambition de vouloir régner sur la planète entière. Sinon, on se fait griller et tout le monde tente de nous en empêcher. Logique. Donc il est partout, pire que Big Brother, tout lui appartient (je cite) : BNP, HSBC, AmEx, Otan, ONU, tout ça tout ça, c'est à lui. Parce que la théorie de Joseph, c'est que le vrai problème, c'est pas les religions, mais le capitalisme, et que donc le Grand Empereur Secret il a fait la seconde guerre mondiale et toutes nos merdes depuis 500 ans, et surtout au XXème siècle, parce qu'il veut diviser pour mieux régner, ayant pour ligne de mire toutes les religions, qu'il veut détruire car les religions relient les hommes entre eux, créent la fraternité et l'amour sur Terre.
Il est très malin, le Grand Empereur Anglais. Même que la Seconde Guerre Mondiale, il l'a fait exprès pour pouvoir ensuite mettre les Juifs en Israel, parce qu'il savait que seuls les Juifs étaient capables de pouvoir construire quelque chose au beau milieu de cette merde de désert.
...
...
...
Depuis hier soir, donc, je me demande dans quelle illusion vit-on.
Parce qu'à bien y réfléchir, c'est peut-être possible qu'il existe, ce Grand Empereur de l'Univers Anglais.
Ça pourrait être possible.
Non ?
(Il faut décidément que j'arrête de parler avec les taxis.)
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